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Session de Théologie, Nevers, 8-9 décembre 2018 sur le thème de Jésus Libérateur

mardi 14 mai 2019, par Joséphine Simondin

Les 8 et 9 décembre 2018, une centaine de personnes dont la moitié vivant des situations de précarité, ont travaillé sur le thème de "Jésus Libérateur".
Un groupe de personnes en précarité a réfléchi à ce thème et leurs mots ont été publié dans un carnet qui a servi d’outil de travail. Vous trouverez ci-dessous le texte complet du carnet.
Après deux journées de travail, chaque fraternité a présenté le résumé de leur travail que nous sommes heureux de partager ici....

« On est partis de la notion de vérité, parce que pour se libérer en Jésus-Christ, il faut être dans une démarche de vérité qui nous rend égaux et qui nous permet ensuite d’aller vers une démarche de renaissance, de renouveau et d’ouverture pour repartir vers une dynamique qui nous ouvre aux autres, qui est la dynamique de l’Amour.
L’amour nous rend solidaires et grâce à cette solidarité, on est dans une démarche d’écoute, de tendresse et de gentillesse. Mais l’amour n’est possible que s’il y a le pardon parce que le pardon nous permet de nous libérer.
Et à travers le pardon, on casse, on brise nos prisons intérieures. Ces prisons intérieures nous permettent d’être dans une dynamique de justice qui nous ouvre vers un Christ libérateur qui nous rend vivant. »

« La première chose, c’est dans tous ces mots, croire que je suis digne d’être libéré et de libérer.
Le premier mouvement de libération est dans cette croyance là et le mouvement d’être libéré pour libérer les autres, vraiment, être libéré permet de libérer les autres.
Ensuite, c’est l’évangile vu comme une libération. « L’évangile m’a libéré de ma parole ». Avec cet échange sur l’évangile est venue cette force de la parole. Les échanges m’ont permis de me libérer. La parole est libératrice : l’évangile et la parole des autres aussi. On se libère par la parole et c’est une force.
Il y a cette image de Jésus. Jésus, c’est Lui qui me donne la force de me battre. C’est Lui la source. En puisant toujours dans les évangiles, on est venus sur des choses concrètes. On a beaucoup parlé des attitudes : comment dans les évangiles la figure du Christ nous donne les clefs, les attitudes pour être libérateur, poser des actes de libération les uns envers les autres, les uns pour les autres.
On a ce cadeau de se dire : Ben voilà, ce temps de partage qu’on a vécu, c’était des actes de libération déjà ! »

« On avait besoin de se libérer du pouvoir du mal, à sortir des ténèbres, à sortir des prions, de tout ce qui nous enferme.
Pour être libéré, il fallait que Jésus nous prenne par la main, nous montre la lumière, nous fasse grandir dans les épreuves, nous libère des codes et des lois.
Ensuite on a parlé d’apaisement et de réconfort, d’être nous-mêmes, d’être plus forts dans la foi et d’être libérés pour donner plus d’amour.
Dans les épreuves de la vie, nous sommes souvent devant un mur et devant un mur on ne voit plus d’issue. Nous faisons l’expérience que Jésus nous tend la main, nous relève pour nous aider à traverser l’épreuve. C’est un pont qui nous invite à construire. Au bout de ce pont, nous voyons la lumière. Jésus nous permet de traverser ce pont, de grandir dans les épreuves, de rester libres de nos choix, d’être nous-mêmes et de devenir nous-mêmes passeur d’Amour. »

« Les premiers mots sont lumière, amour, Christ, lutte, personne, Jésus.
Ensuite, à la seconde chance, on a écrit signe, croire, baptême, foi, miséricorde et nous avons souligné « personne » qui est revenu et joie avec un cœur sur le i parce que la joie c’est l’amour aussi qui est revenu.
Enfin, apaisé, signe, souffle, foi, mer et ciel, sauveur à nouveau, pardon à nouveau, paix, justice, s’ajuster et réconciliation, amour.
Alors, on en a déduit : libérateur, acte d’être libéré, c’est le vouloir, faire le choix, c’est le chemin d’un Dieu qui est avec nous, qui est Amour jusqu’au pardon et qui se fait rencontre dans la personne de Jésus Christ et qui nous invite à prendre le chemin les uns pour les autres, sans jugement, d’être aussi libérateur.
Avec tous ces mots, moi je me suis amusée à faire un petit poème :
Jésus est libérateur.
Il nous donne son Amour et nous pardonne.
Il nous sauve et nous fait confiance.
Il nous accorde sa miséricorde.
Quand tout va mal il nous fait signe
Et ne nous juge pas. »

« Au cœur de la libération, il y a avait le mouvement, que ça bougeait et que ce mouvement qui est la libération, ça nous transformait.
On a classé les mouvements :
-  Le mouvement des mots qui nous permettaient de prendre conscience de notre cheminement, du chemin qu’on faisait.
-  Le mouvement des gestes, les gestes c’étaient ceux du Christ. Il y avait les sacrements qui étaient importants. Nos gestes à nous, les gestes de ceux qui nous sont proches et on a vu que ces gestes là ils nous tiraient vers la vie.
-  Les mouvements de l’intérieur : la prière, le pardon, les choix qu’on faisait en liberté, qui montraient qu’on était libre. Et ce mouvement intérieur il nous permet d’aider les autres, de faire avec et pour les autres. Ce n’est pas toujours facile, il y a du combat, mais cela nous ouvre vers la paix, la joie et la lumière.
Nous avons fait une forêt de mots et dans cette forêt nous avons repéré un mouvement qui se passe en trois temps :
-  Les mots qui disent quelque chose de comment on est, comment on se sent avant d’être libérés, quand on a besoin d’être libérés, qu’est-ce qui se passe ? Enchaînés, en prison, on a des blessures, des nœuds. Cela nous fait pleurer, nous angoisse. On hurle, on espère et on crie.
-  La deuxième étape qu’on a repéré dans nos mots c’est : qu’est-ce qui nous libère ? Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui fait qu’on est libéré ? La parole libère, la vérité, l’écoute et la prière, le partage, l’humour qui est important, le rire, la danse, l’entraide et la foi, l’amitié, un grand mot l’amitié ! Jésus, et le miracle.
-  La troisième étape après les moyens c’est les effets : Comment ça se voit qu’on est libéré ? Qu’est-ce qu’on sent ? Comment on sait qu’on est libéré ? On le sait avec un grand soulagement, la paix en soi, la joie de retrouver, de se relever, la guérison, la liberté mais la liberté ensemble, la bénédiction, être avec son prochain et surtout avec Dieu.
On a aussi repéré qu’il y avait des mots qu’on pouvait changer de place :
-  Crier, c’est avant qu’on ait vraiment besoin d’être libéré, c’est aussi ce qui nous libère. Le cri, ça libère, c’est libérateur et on peut crier de joie.
-  La foi, c’est avant, c’est ce qui permet d’être libéré. Elle est augmentée par la guérison.
-  La liberté, elle intervient aussi partout. »

« La libération est un chemin. Donc on a mis le mot « pas à pas ». Ce chemin commence par le baptême qui est le début du chemin de libération.
Sur ce chemin, il y a plusieurs moyens qui nous aident à nous libérer et le fait d’être ensemble, les relations, donc à la fois les relations avec les autres et les relations avec le Christ qui va nous libérer.
Le fait de faire des choix également.
Ce chemin de libération produit des conséquences qui sont la Paix, la légèreté, l’envol. C’est une deuxième chance. On est redressé.
La guérison résume tout ça. »

« Le mot qui a retenu notre attention c’est l’amour, l’amour qui nous libère, qui nous donne la liberté, qui nous permet d’être en paix et d’aller vers les autres, vers le prochain et nous aussi par notre action, parce que nous recevons, nous pouvons donner aussi l’amour aux autres. L’amour est aussi reçu dans les sacrements, avec le sacrement de miséricorde.
Ensuite nous avons eu la pensée du prochain, de l’autre, le collectif, le « être ensemble ». Finalement c’est la fraternité, partager notre amour en fraternité, une fois que nous sommes libérés. »

« Nous avons retenu les mots miséricorde, amour et joie, fraternité, souffrance, « Au secours ! », Christ serviteur.
J’ai rajouté un mot qu’on n’a pas l’habitude d’utiliser, c’est le Christ Serveur, c’est un terme qu’on utilise entre diacres, il peut aussi être communs à d’autres. Et puis c’est aussi révolution fraternelle qui vient du Réseau Saint Laurent. C’est aussi une dynamique qui nous transforme et qui transforme les autres. Et puis bien sûr ce terme de foi et confiance qui sont presque synonymes, qui nous donnent quelque part le carburant, la force de soulever ces souffrances et ces appels au secours.
Le lien de sang du Christ c’est que, comme on est tous, on n’est pas frères et sœurs de sang par la famille, maison est frères de sang par Jésus et par Dieu, parce que Lui, Jésus, c’est le seul qui nous aide à nous relever quand on a des épreuves et le lien du sang de Jésus, c’est le seul qui peut nous donner vraiment la vie et nous conforter dans les épreuves comme une famille qui serait ouverte à tous pour que les églises puissent se repeupler. Et je trouve que c’est très beau le lien du sang.
Je trouve que c’est très beau ce qu’elle dit et ça mériterait toute une méditation.
Je voudrais aussi dire que dans mon expérience à moi, et je pense que je ne suis pas le seul, je vois des personnes très pauvres qui vivent, comme ces personnes au Mouvement du Nid qui disaient « dans la prostitution j’étais morte » et qui après dira dans son cheminement « Le Dieu m’a sauvée ». Donc cette expérience est littéralement celle du Christ, ce passage de la mort à la résurrection, comme le Christ lui-même. »

Une nouvelle session de théologie sur le thème Jésus Libérateur aura lieu les 1er et 2 juin 2019 avec la Diaconie de Toulouse.

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