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Des Nez’vangiles chantent le cantique de Saint-François d’Assise

mardi 24 juin 2014, par Marie B

Exaltante vie que celle de Saint-François d’Assise qui préféra aux richesses des étoffes un chemin de pauvreté. Au côté de ce fou de Dieu, incarné sur les planches par Djamel Guesmi, quatre comédiens de la troupe Nez’vangile (membre du Réseau Saint-Laurent). Bien plus qu’une pièce, ce Petit pauvre se révèle un superbe chant sacré.

Troquer la douceur des étoffes contre des loques pour mieux servir le Seigneur : la logique d’une telle conversion échappe à Bernardone, qui n’a eu de cesse d’oeuvrer au grossissement du magot familial. Dieu d’accord, mais après le père de chair, chef en sa demeure. C’est presque par un acte de Molière que s’ouvre Le Petit pauvre  : le courroux paternel s’abat sur le jeune bourgeois tandis que la mère bienveillante tente de calmer les siens. En vain. La fiancée que son fils rebelle a choisie ne saurait admettre le moindre compromis : c’est la charité du Christ.

Dans une langue aussi exaltée que devait l’être ce Saint qui s’adressait au Soleil, le dramaturge Jacques Copeau (1879-1949) retrace la vie de François d’Assise (tournant 12e/13e s.), les frasques de jeunesse jusqu’aux derniers combats de l’anachorète. Datant de 1944, le texte, superbe, serait un chant de Paul Claudel qui irait plus rapidement au ciel, propulsé par les questions essentielles : est-il possible de bien vivre dans un monde de plaisirs et de volupté ? Jusqu’où louvoyer pour atteindre de justes fins et où commence le « respect » du prochain ? Comment mesure-t-on le progrès historique et à quoi l’homme est-il appelé ?

Pour servir la beauté d’une telle vie (et du texte d’un des grands dramaturges du 20e s.), de grands comédiens et une scénographie parfaitement équilibrée. La figure du saint esseulé par sa grandeur d’âme alterne avec des tableaux de foule embellis de clairs-obscurs très rembrandtiens. En mêlant comédiens professionnels de l’association Les Tréteaux du monde et ceux, amateurs, des Nez’vangiles, le chœur symbolise très bien l’unité à laquelle, sans cesse, François appelle ses frères. En sachant qu’on ne nait point saint, pas plus qu’on ne le devient seul, parcourons ensemble ce chemin vers le Christ : ainsi résonne, par-delà les siècles, l’invective du petit moine d’Assises. A voir !

Vu au théâtre Laboratoire (Paris 12e) le 22 juin 2014
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