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Le service du frère : témoignage de François Soulage

mardi 14 août 2012, par Marie B

Ce lundi 13 août, François Soulage, président du Secours Catholique, témoignait au Village de la rencontre devant les pèlerins de Lourdes. Tout le monde n’ayant pu être sous la tente du Berger, voici en synthèse, ce qu’il a bien (et clairement) raconté...

Au travers d’engagements d’Église, comme les Scouts ou l’action catholique, notre génération [celle des personnes au gouvernement, du baby-boom] a eu la possibilité de traverser l’adolescence avec des points d’accrochage [à l’Église, à la Foi].

Les communautés paroissiales et la messe dominicale ne sont suffisants pour permettre aux jeunes qui n’ont pas ces points d’accrochage de rester interrogés par la question de la Foi.

L’enjeu de l’Église du France (et celui de Diaconia) est celui-ci :
Comment donnons-nous aux jeunes générations l’occasion de vivre leur Foi ? Comment fait-on de cette question un sujet fondamental pour nos communauté ?

Vatican II : 50 ans et toujours un guide

Pour cela, nous pouvons prendre appui sur les apports de Vatican II.
Vatican II nous a permis de :

  • Nous faire prier dans notre langue : tout à coup, nous comprenions ce que nous disions… !
  • Redonner de l’importance à la présence de l’Église au monde : comment sommes-nous au cœur du monde pour le transformer ?
  • Élargir la place des laïcs dans l’église : Avant Vatican II, l’Église était une Église de prêtres (il y avait plus de prêtres qu’aujourd’hui...). La place des laïcs a été élargie, mais il faut continuer à l’ouvrir, et notamment aux femmes. Pour cela, il est possible de s’appuyer sur les textes de Vatican II (qui ne font pas de distinction entre les laïcs hommes et femmes).
  • Redonner de la force de l’annonce de la Parole, qui doit avoir une place centrale dans la vie chrétienne.
  • Développer l’œcuménisme : avant Vatican II, il n’y avait pas de prières communes. De grands progrès ont été fait à ce sujet depuis.
  • Changer la liturgie (un point qui n’est pas essentiel, la bataille autour de la liturgie n’étant qu’un alibi pour remettre en cause Vatican II).

Diaconia : redécouvrir notre triple tâche à partir du service du frère

Notre vie chrétienne peut se développer dans toute sa plénitude si, dans notre manière de vivre notre Foi, nous accomplissons cette triple tâche :

  • la célébration des sacrements,
  • l’annonce de la parole,
  • le service du frère (ce qui implique que l’ Église soit ouverte au monde).

Au travers de Diaconia, nous réfléchissons à la manière dont nous chrétiens, nous pouvons, à partir du service du frère, nous approprier cette triple tâche.
> Une réflexion appropriée en cette année 2012, année de la Foi, et à l’occasion du cinquantième anniversaire de Vatican II (1962-1965).

À l’issue de Diaconia, nous devrons être en mesure de :
- faire en sorte que ce que vivent les plus pauvres soit pris en compte par l’Église de France ;
- permettre à ces personnes, si elles le souhaitent, d’avoir une place dans nos communautés, d’en être des actrices.

Mieux connaître le monde qui nous entoure, pour le transformer

Pour nous aider dans ce service du frère, et dans cette triple tâche, plusieurs outils sont actuellement développés :

  • le Livre des fragilités et des merveilles : il est important de passer du temps à connaître le monde actuel. Ce Livre nous permet d’enrichir notre regard sur les communautés humaines qui nous entourent, d’alimenter nos célébrations, nos prières. Parallèlement, nous devons rencontrer des élus, des chefs d’entreprises, des responsables syndicaux, associatifs, pour savoir comment, en France on se préoccupe et on s’occupe des personnes malades, handicapées, pauvres, etc.
  • des outils comme le geste de paix nous permettront de concrétiser cette attention portée aux autres, de la célébrer.

Les chrétiens de France - qui ne sont pas forcément les pratiquants mais ceux tous qui se sentent chrétiens - sont déjà en route et travaillent à la transformation sociale de notre pays pour en faire une société plus juste et plus fraternelle. Car vivre sa Foi est une affaire publique, la manière dont la nous vivons doit transparaître sur nos visages.

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Crédit photo : François Phliponeau

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